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Le cercle des projets disparus -
Nous sommes irremplaçables


Le cercle des projets disparus

Le premier stagiaire que j’ai accompagné pour Exclusif réalisait un reportage sur l’APIMA, un garage associatif de l’agglo clermontoise, où l’on apprend à réparer sa voiture soi-même. C’était en 2006. La dernière avec qui je suis partie en déplacement rencontrait un couple de bénévoles du Secours catholique qui épaulent au quotidien des réfugiés. Entre les deux, comme encadrante de l’action, j’ai retrouvé l’équipe du journal deux fois par semaine. Je participais à l’élaboration du sommaire, au choix des sujets ; je guidais des stagiaires pour prendre les contacts, organiser les rendez-vous, réaliser des reportages, écrire les articles, avec une double satisfaction : celle de faire partie d’un groupe dont la diversité est rare, et celle d’exercer un journalisme que j’aime, fait de curiosité, de respect, de rigueur… Il m’est aussi arrivé, lorsque l’action se déroulait normalement, sans l’épée de Damoclès de “la convention arrivée à échéance et pas encore renouvelée”, d’animer des ateliers d’écriture, autour de thèmes choisis pour le dossier du numéro en cours, ou autobiographiques, qui donnaient aux stagiaires l’occasion de prendre du recul sur leur parcours personnel.

Ainsi, pendant dix ans, je me suis sentie insérée dans l’équipe d’Exclusif, et acceptée dans ma différence : je ne suis pas aux minimas sociaux, et ma vie quotidienne n’est pas entravée par toutes les difficultés auxquelles les participants font face. Je n’ai jamais pour autant perçu de leur part un quelconque ressentiment, même quand je les conduisais en reportage dans ma « grosse berline de marque allemande » pourtant stigmate d’une appartenance à une catégorie sociale favorisée.

Aujourd’hui, alors que j’écris ce texte, nous sommes mardi. Je n’ai pas à me rendre au journal pour l’une des deux réunions hebdomadaires qui rythmaient encore récemment mon emploi du temps. Je me suis attelée à la lecture de “Les Irremplaçables”, le dernier essai de la philosophe Cynthia Fleury. Et ma lecture s’arrête sur cet extrait que je lis et relis car il fait écho à ce qui se passe : « La déverbalisation n’est pas seulement l’impossibilité de traduire précisément ce que l’on pense. Elle porte atteinte à la faculté même de conception intellectuelle. On ne parvient plus à penser ce que d’autres sont capables d’énoncer. On perd alors la conscience de ce qui devrait faire réalité pour soi. [… ] La prise de conscience de l’injustice sociale nécessite elle aussi le langage pour la penser. Sans les mots pour le dire la conscience est comme paralysée, stoppée dans son éveil. [… ] Voler au sujet sa capacité d’énonciation n’est donc pas suffisant. Ce qu’il faut voler c’est la condition de possibilité de cette énonciation, sa dynamique de conscientisation. Premier grand processus de la domination : “priver de langage les dominés”. »

Ne serait-ce pas ce dont il s’agit avec la disparition d’Exclusif, en privant les participants à l’action, comme le dit Sabine Carénou, « de la possibilité de parler de la société, de témoigner de ce qui s’y passe » ? Mais, soit les financeurs de l’action ne s’y sont pas suffisamment intéressés pour en saisir l’enjeu, soit ils ne sont pas intéressés par cet enjeu – ou alors ils le craignent. Faute de réel dialogue avec eux, nous ne saurons jamais ce qu’il en est.

Corinne Dupasquier


Date de création : 05/02/2016 @ 14:01
Dernière modification : 05/02/2016 @ 14:01
Catégorie : Le cercle des projets disparus
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