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Le cercle des projets disparus -
… et la fin d’Exclusif


Le cercle des projets disparus

C’était le soir. On sortait d’un comité de rédaction, réunion au cours de laquelle on débat du journal en cours et qui se finit toujours autour d’un verre de rouge et de quelques rondelles de saucisson. Un petit groupe s’était constitué autour d’un journaliste – encadrant de l’action – qui reconduisait chez eux plusieurs stagiaires. Je les regardais partir : une jeune retraitée rigolarde, qui marchait à côté d’un punk sans son chien, qui marchait à côté d’un réfugié syrien en France depuis plusieurs années, qui marchait à côté d’un homme portant fièrement sa soixantaine et sa barbe blanche. C’était un groupe franchement improbable de personnes animées par des motivations et des rêves très différents, et qui ne se seraient certainement jamais rencontrées ailleurs. Mais la rencontre avait eu lieu. Et le petit groupe qui s’éloignait me donnait la chair de poule.

La rencontre avait eu lieu parce que tous avaient en commun une vie plus ou moins tortueuse, aux chemins de traverse.

Elle avait eu lieu parce que l’action d’insertion avait permis des moments d’échanges. On avait dit à ces gens-là : « Vous êtes en dehors de la marche “normale” de la société, mais vous avez le droit de parler d’elle, de témoigner de ce qui s’y passe, de rencontrer ceux qui essaient d’innover et d’y trouver leur place. » On leur avait dit aussi : « Venez en parler à ceux qui sont, comme vous, des “sans”, sans famille, sans travail, sans revenu. »

La rencontre avait eu lieu parce que l’écriture avait soudé les mots, elle avait réuni les corps qui se tenaient chaud autour de la pensée, pensée qui s’égare, qui se cherche, que l’on guide. Dans la salle, malgré le chauffage toujours un peu faible à mon goût, il y avait l’écriture qui circulait entre nous, entre le monde et nous, entre les autres et nous, et elle se glissait dans nos vies à chacun et participait à cimenter un peu tout le reste.

Oui, mais voilà, tout cela coûte cher. Il faut payer la chaudière qui alimente le radiateur un peu trop faible à mon goût, il faut payer le verre de rouge et le saucisson, il faut payer les piges des stagiaires, il faut payer le papier du journal et les envois postaux pour que chaque personne bénéficiant du RSA puisse le recevoir chez elle. Il faut payer tous ces liens entre tous ces gens. Et des sous, y en a plus. Une fois encore, c’est le nerf de la guerre. Plus d’argent. Un point c’est tout, nous a dit le Conseil départemental.

Contre ça, on ne peut rien. Écrire, on peut continuer. Écrire sur soi, pour soi. Écrire pour les autres, écrire aux autres. Ça coûte un Bic et quelques feuilles de papier. Et ça rapporte de se parler, ça rapporte d’être vivant. Ne pas se réduire au silence. Ensemble.

Sabine Carénou


Date de création : 05/02/2016 @ 12:30
Dernière modification : 09/02/2016 @ 12:58
Catégorie : Le cercle des projets disparus
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