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Ailleurs dans le Gard - Six portraits de jardiniers


Ailleurs dans le Gard

Laurent

Portrait de Laurent

« J’ai un parcours plutôt chaotique. » avoue timidement ce Nîmois de 51 ans, « j’ai fait cinq ans de prison. Quand j’ai appris que l’obtention de diplômes en détention permettait de gagner des mois de grâce, j’en ai profité pour passer un CAP en horticulture et d’autres diplômes. À ma sortie, j’ai abord alterné périodes de chômage et contrats d’intérim, dans tout et n’importe quoi mais surtout le bâtiment. Jusqu’à ce qu’au vu de ma formation, on me présente aux Jardins solidaires. La première année j’avais le statut de stagiaire, aujourd’hui je suis dans ma deuxième année, mais en tant que bénévole. »

« Je n’ai pas appris grand-chose en jardinage que je ne connaissais déjà. Par contre, le fait de retrouver une activité, des horaires fixes, une vie sociale, m’a sorti de mon isolement. J’ai repris une activité physique, je viens en vélo chaque jour… un pied de nez à mon passé de joueur de Play station invétéré ! J’ai rencontré des personnes sympas. On échange beaucoup au fil des rencontres, on se sent utile et on reprend peu à peu confiance en nous et en l’avenir. »

Lætitia Oleotto

Lati

Portrait de Lati

Je suis arrivée ici avec le moral et la santé à zéro. Ça m’a plu tout de suite. On travaille en individuel, mais on est entouré. Sinon, financièrement, psychologiquement, on ne s’en sort pas. On ne nous aide vraiment pas. Quand on te sort de la merde, c’est pour t’y remettre immédiatement derrière. J’espère que cette action va rendre service à tous les gens qui sont comme moi. Parce que si je suis venue ici, c’est pour vivre et travailler comme les autres.

Gisèle

Je suis arrivée en 2006, j’avais vraiment besoin de prendre l’air. J’ai un caractère très renfermé, je suis repliée sur moi-même. Le jardin, ça m’a fait changer. Depuis, je suis retraitée et je suis devenue bénévole au sein de l’association. Ce jardin, ça occupe l’esprit, ça permet de rencontrer du monde, de ne plus être seule. Il y a des gens qui critiquent cette action, mais le qu’en-dira-t-on ne m’intéresse pas : j’aime venir ici.

Allison

Portrait de Allison

Je suis arrivée début juin. J’ai des problèmes psychiques. J’avais un projet de vie, mais je voulais venir retrouver un cadre avec des horaires, je voulais voir du monde et être en contact avec la nature. Ça a fait énormément de bien à mes troubles psychiques. Avant je me cachais des gens : quand le Conseil général est venu au jardin je me suis cachée, et là je suis venu vous voir spontanément. Il y a une vraie progression. Je n’avais jamais travaillé en jardin, ça m’a beaucoup apporté sur tous les plans. Il y a beaucoup d’écoute, une entraide et quelque chose de très important pour moi : retrouver une dignité, et une identité propre. Ici, on se rend compte qu’on est une personne à part entière, pas une simple personne au RSA.

Michaël

Je suis belge. Cela fait six ans que je suis avec une Nîmoise, et trois ans que j’habite à Nîmes. J’étais en recherche d’emploi depuis trois ans, et c’est avec une assistante sociale que j’ai trouvé le jardin. J’ai commencé en août. C’est très bien ici.

Au début, on envoie des CV toutes les semaines, puis toutes les deux, puis une fois par mois et faute de réponses, on finit sur le canapé devant la télé… Ici c’est une action physique, mais ça permet aussi de reprendre un rythme moral. J’apprends plein de nouvelles choses. On sait qu’un jardin ça existe, mais on sait rarement comment le cultiver. Il faut apprendre ! Ici il y a une très bonne ambiance, un vrai contact humain. Ça permet de remettre le pied à l’étrier.

Nora

Je suis arrivée au jardin début 2014, je revis. J’étais au bout du rouleau, un vrai désert. Je suis venue à reculons, mais je me suis accrochée, ça m’a remis le pied à l’étrier. Maintenant que j’ai fini au jardin, je cuisine pour l’association les lundis et mardis. Je n’avais jamais fait de jardinage avant. Ici, on est payé en relation humaine : je gagne dix fois le SMIC ! J’entrevois le bout du tunnel ! Je sais que je vais reprendre une vie professionnelle. Je me sens utile, considérée. Quand j’aurai un travail, je reviendrai ici. Pour les gens dans le mal, pour celles et ceux qui souffrent d’addiction, il existe encore des associations où l’humain passe avant le fric. Le jardin, c’est un support.

Je me sens honorée que tu puisses me poser des questions. Parce que j’étais devenue agoraphobe… Avant, quand on me posait la question “que fais-tu dans la vie ?”, je devais répondre “rien”, et à 50 ans c’est encore plus dur. Parce que pour les gens, tu n’as plus d’identité si tu ne peux pas répondre à cette question… Aujourd’hui je peux !

Samuel Perret


Date de création : 28/01/2016 @ 11:27
Dernière modification : 02/03/2016 @ 11:59
Catégorie : Ailleurs dans le Gard
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