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Dossier réfugiés - « Qu’est-ce que
ce pays de fous ? »


Réfugiés en Auvergne

En Europe aussi, nombreux sont ceux qui ont connu l’exil, en particulier en fuyant l’Espagne franquiste. Juan raconte la saga familiale.

Juan est fils d’immigrés espagnols. Ses parents ont décidé de partir en 1963, son père, menuisier, ayant l’opportunité de travailler en France. « Il voulait avant tout fuir la misère, le franquisme vient après dans sa décision. ». À Ceuta, enclave espagnole au nord du Maroc, Juan vivait avec parents, oncle et tante et grands-parents.

En 1965, sa mère et lui, 4 ans, partent rejoindre le père à Villeurbanne. « Il avait envoyé un peu d’argent, on a pu aller jusqu’à Barcelone, puis on est arrivé en France en longeant les plages. Ensuite, on s’est débrouillé pour rejoindre Villeurbanne. »

À l’époque, la France accueille volontiers de la main-d’œuvre et le père de Juan n’a aucun mal à obtenir des papiers. La famille vit dans un grenier puis déménage aux Minguettes, à Lyon. « Le premier jour de maternelle, en rentrant à la maison, j’ai dit : qu’est-ce que c’est que ce pays de fous ? Il n’y en a pas un qui parle comme nous ! Mais j’ai eu une instit’ super, qui intégrait en classe des éléments de la culture espagnole. » Il se souvient aussi des douleurs : « À l’école, on m’assimilait à un “Rital”, j’étais racketté, j’ai subi des vexations. Rapidement je me suis défendu. »

Devenu menuisier et syndicaliste (donc viré…), puis vendeur au porte-à-porte, animateur, il est aujourd’hui professeur de karaté à Clermont.

En 2011, le gouvernement espagnol vote une loi permettant aux exilés du franquisme de retrouver la citoyenneté. « Alors je suis allé me faire faire un passeport espagnol 1. Mais je suis un être humain, je ne me sens pas plus français qu’espagnol. Ce qui m’intéresse, c’est ce que l’on vit, peu importe l’endroit. » Les migrations actuelles lui serrent le cœur : « À Ceuta, ils ont mis une frontière, il n’y en avait pas avant. Ce qui se passe en Syrie me bouleverse, c’est vrai. Mais je trouve indécent qu’on ne parle que de la Syrie, comme on ne parlait que du Tibet à une époque, puis qu’on passe à autre chose. Sur le détroit de Gibraltar, la situation est la même qu’en Syrie… »

1. En 2010, le gouvernement envisageait une extension des procédures de déchéance de la nationalité française. Selon Juan, nul n’a à décider de la nationalité des individus, et il a donc décidé à ce moment-là de ne plus avoir la nationalité française.


Date de création : 24/12/2015 @ 11:08
Dernière modification : 05/02/2016 @ 11:37
Catégorie : Dossier réfugiés
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