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Dossier réfugiés - Vingt ans, trois pays, cinq langues…


Réfugiés en Auvergne

Quand on est enfant on est protégé, la vie est paisible, entouré de ceux qui nous aiment. Puis un jour, avec l’exil, tout bascule. K. et D. racontent.

« Je me souviens, dit K., j’avais 11 ans quand ils ont pris mon père en otage, il est revenu couvert de sang, ils lui avaient coupé l’index de la main droite, c’est la chose la plus choquante que j’aie vue dans ma vie. » La famille quitte l’Albanie pour la Grèce : changement radical. Passer du petit village à la grande ville de Thessalonique a été une chance, les deux filles s’intègrent rapidement. En 2012, les parents veulent revenir en Albanie, mais ce n’est qu’un aller-retour avant d’être obligés de quitter la Grèce pour la France. « Je ne voulais pas partir, explique K. qui a aujourd’hui 20 ans, je voulais terminer mes études, j’ai pleuré comme une folle le jour où j’ai quitté mon lycée. » Sa sœur D., 16 ans, parle aussi de tous leurs amis perdus à ce moment-là.

Photo d'une enfant en contre-jour devant une fenêtre, arbre en fleurs au second plan

K. adore la littérature triste, surtout en grec. « Le français, c’est plus difficile. » À Thessalonique, elle était en 1re et avait obtenu le droit d’entrer en école de journalisme sportif aprèsle bac, mais ses rêves se sont envolés. Après quelques mois à Issoire, c’est à Clermont-Ferrand qu’elles réintègrent la scolarité. « En Grèce les cours se terminent à 14 heures, ici la cantine c’est une nouveauté pour nous ! »

Les deux sœurs ont expliqué leur situation aux enseignants responsables de leurs lycées respectifs : « Cela nous a aidées dans nos études, pour les devoirs on va beaucoup aux foyers et aux CDI. » Difficile de travailler à la maison, sans maison… Le logement reste leur premier souci ; elles sont parfois hébergées toutes les deux, mais souvent séparément des parents.

Entre l’espoir et le fromage

« Une fois, j’ai surpris une conversation entre deux lycéennes, l’une se moquait de mes vêtements. Je les ai remises à leur place. » K. s’efforce de rétablir la vérité. « Chaque fois que je suis témoin d’une injustice, j’interviens. On n’a pas les moyens de se vêtir comme les autres, ça m’énerve. Il y en a qui changent de manteau toutes les semaines. »

Au lycée, K. et D. font de l’anglais et de l’espagnol. Entre elles, elles se parlent en français, les parents en Albanais et lorsque la famille est réunie, on cause en grec. C’est une grande richesse de savoir autant de langues, c’est évident qu’elles sont douées pour apprendre. Mais tous ces départs forcés leur ont fait perdre des années de scolarité, K. a pourtant des projets : « J’aimerais faire des études de commerce et reprendre le football, en Grèce j’étais gardienne de but… Ça me manque. » D. cherche un stage de vendeuse.

Depuis plus d’un an, elles se sont habituées à la mentalité française, et à d’autres petites choses : D. a découvert le mille-feuilles, elle adore, pour K. c’est la quiche et la pælla. En éclatant de rire, elles avouent que c’est dur le fromage français, après la feta grecque ! « Je trouve les Français très polis et très gentils, en fait, explique K. Je voudrais obtenir la nationalité française, ici la femme est libre. En Albanie, ce sont les hommes qui commandent. Ma mère commence à se libérer, ça c’est nouveau pour nous ! »

Reste dans leurs cœurs le souvenir d’une enfance brève mais heureuse dans leur village, où les fêtes de Noël réunissaient toute la famille, où tout n’était que joie et rire. Aujourd’hui elles espèrent une vie meilleure dans ce pays qui les accueille.

Monique Bayol


Date de création : 23/12/2015 @ 13:41
Dernière modification : 23/12/2015 @ 13:43
Catégorie : Dossier réfugiés
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