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L'ours du n°27
Directeur de publication
Bruno Enjolras
Rédaction en chef
Agence Par Écrit : Michel Bresson, Denis Couderc, Corinne Dupasquier, Christophe Grand et Florence Plane
Rédaction et photos
Mélanie Andrieu, Sylvia Aubert avec Alain Besseyras, Laurence Cavanat, Cyprien Dagba, Gaëlle Déat, Mourzka Lazreg, Jean-François Murol, Arnaud Quétu et Guillaume Vimont
Merci à Claudine Valette et Hubert Saint-Joanis
Illustrations
Pierre-Henri Malartre
Impression et routage
G. de Bussac SA
Tirage : 13 000 exemplaires
Dépôt légal : avril 2010
Commission paritaire : en cours
N° ISSN : 1762-4568
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Quoi de neuf ? - Bourbié : le reclassement…
et le moral ont du plomb dans l’aile

“Convention de reclassement personnalisé” : c’est moins agressif que “plan social”, mais en réalité c’est toujours l’antichambre du chômage. En remplaçant les conseillers de Pôle emploi par des consultants du privé, en laissant presque le même salaire, quelques mois de plus, à ceux qui ne sont pas encore étiquetés officiellement “demandeurs d’emploi”, on soulage surtout les statistiques… Rencontres avec Dominique et Laurent, qui ont quitté l’entreprise Bourbié, et Emile licencié après 30 ans dans une entreprise clermontoise.

Bourbié : le reclassement… et le moral ont du plomb dans l’aile

Ils veulent tout simplement tourner définitivement la “page Bourbié”. Dominique Francon et Laurent Guinand ont encore en travers de la gorge le dépôt de bilan du groupe issoirien de recyclage et de transport en mai dernier. L’épilogue d’un feuilleton qui les a envoyés rejoindre le rang des licenciés pour motif économique, signataires d’une convention de reclassement personnalisée (CRP). Un choix qu’ils assument non sans peine.

La pilule est encore dure à avaler tant le premier entretien avec les conseillers de Pôle emploi s’était avéré peu rassurant. « On était convoqué par petits groupes de quinze personnes. Grosso modo, en une heure, les conseillers nous ont expliqué nos droits et les types de formations qui pouvaient nous être proposées. Rien de spécial ni de concret n’est sorti de ces entretiens qui se sont étalés sur une période de quinze jours », explique Dominique d’un air dégoûté. Et Laurent d’ajouter : « Notre argent a été injecté au Pôle emploi soi-disant pour financer la formation en vue de notre reclassement. Mais certains conseillers nous font savoir qu’en la matière, on n’est pas plus avantagé que d’autres chômeurs. Et moi, ça me fout les boules que 1 500 euros aient été gaspillés pour rien ! » Pour Dominique, les jours passent et se ressemblent. Il a l’impression, en parlant des anciens salariés de Bourbié, d’être les oubliés de Pôle emploi. « Par rapport à tout ce qui nous avait été promis », renchérit Laurent Guinand, « rien ne semble se mettre en place. Il ne devait pas y avoir de problème pour les aides au reclassement, mais on est encore loin du compte. C’est pour cette raison que la mobilisation ne devrait pas faiblir. »

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En attendant, les deux compagnons, unis par le sort, tiennent le coup tant bien que mal en comptant sur le soutien de leurs familles. Toutefois la situation met en péril le projet de Laurent d’en fonder une. « À 30 ans, je ne suis pas marié et je n’ai pas d’enfants. Et j’ai décidé de ne pas en faire, pour mon grand malheur… », déclare-t-il tout en jetant un regard rempli de regret. Il y a deux ans, Laurent avait quitté Nîmes, fuyant le chômage pour Issoire, des projets plein la tête. En une semaine, tout lui avait souri : un appartement, un job chez Bourbié comme conducteur d’engins. Et du jour au lendemain, tout s’arrête. Certes le moral est touché, mais il refuse de s’avouer définitivement vaincu. Il a sa petite idée sur ce qu’il compte faire plus tard : « M’investir dans les énergies renouvelables me plairait bien. »

Plus de gestion

De son côté, Dominique voit encore défiler, non sans amertume, ses 18 années chez Bourbié. Marié et jeune grand-père, il a le temps de s’occuper de sa petite-fille, et en profite aussi pour raviver son goût pour la mécanique, car il était responsable du parc poids lourds. Il ne perd pas de vue son reclassement et espère trouver de l’embauche dans les travaux publics. Néanmoins, Dominique et Laurent gardent le sentiment que le dépôt de bilan relevait de la seule volonté du patron de mettre la clé sous le paillasson. « Depuis cinq ou six mois, il n’y avait plus de gestion. On s’autogérait. Il y a eu beaucoup de pertes de marchés, les recettes étaient minables, mais curieusement, sans aucune réaction du patron », évoque Dominique. « Il a eu l’intention de faire couler le site d’Issoire », confirme Laurent.

F.S.


Date de création : 20/02/2010 @ 20:19
Dernière modification : 22/02/2010 @ 18:41
Catégorie : Quoi de neuf ?
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