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Quoi de neuf ? - Fenêtre sur impasse


Fenêtre sur impasse

À première vue, l’endroit ne ressemble guère à un hôtel, rien de plus qu’une maison à deux étages, dans une rue tout à fait banale. Pour un peu, on passerait devant sans se douter de rien.

Martine, la maîtresse des lieux, est une femme d’une soixantaine d’années qui depuis dix ans travaille en collaboration avec l’ANEF, comme 37 autres propriétaires d’hôtel dans le département. Depuis dix ans, elle loge des sans-abris, Français ou non, et voit défiler les misères. Elle nous reçoit dans une petite pièce du rez-de-chaussée, sombre et encombrée, et nous raconte son quotidien de factures douloureuses et de travail rare. Car depuis le 2 septembre, l’ANEF n’est plus en mesure de régler la note d’hôtel du logement d’urgence. Hormis une mère de famille nigériane et ses enfants, ainsi qu’un adolescent tchétchène, l’établissement n’est qu’un grand silence, des chambres vides et des odeurs de vies emmêlées qui s’attardent dans l’air.

Martine s’entendait bien avec toutes ces familles venues d’un peu partout. Elle tient à le dire et le répétera plusieurs fois : « Je me sentais utile. » Quand elle étreint cette jeune mère nigériane, on sent une certaine tendresse dans le geste, et on se laisse plutôt convaincre par ses mots, même si quelques autres, au sujet d’une cohabitation difficile avec des Roms, nous font grincer des dents. Alors, poliment, on élude ce sujet.

« Pendant dix ans, j’ai vécu grâce à ma collaboration avec l’ANEF. Maintenant, je n’ai plus rien, j’ai un mal fou à payer ce que je dois », laisse-t-elle tomber. Elle déplore, Martine, elle déplore beaucoup. On aurait envie de lui dire que ses problèmes pèsent moins que ceux de ses locataires, mais on ne ferait peut-être qu’emprunter des raccourcis commodes. Alors on écoute et elle enchaîne. Elle résume son salut à un chiffre : sur les dix chambres que comptent son hôtel, il en faudrait six d’occupées, au moins, pour s’en sortir. « Comment je fais, maintenant ? » demande-t-elle.

Nous montons à l’étage et Martine nous fait la visite, nous invite à jeter un œil aux chambres. Elle tient à montrer que son établissement se plie aux règles, que rien ne saurait lui être reproché. Mais on sent aussi que la patronne en a gros sur le cœur et qu’elle a dû essuyer quelques revers. Son hôtel, elle veut le vendre, elle n’en peut plus. Passer la main n’est plus une option mais une évidence. Alors elle tient bon et espère pouvoir accueillir à nouveau de ces locataires pas comme les autres, en attendant une proposition d’achat. Son « bonheur » tient, quelque part, aux malheurs des autres. Et il y a là, sans préjuger des intentions, quelque chose de dérangeant. Forcément.

Sébastien Juillard


Date de création : 17/11/2013 @ 14:44
Dernière modification : 17/11/2013 @ 14:44
Catégorie : Quoi de neuf ?
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