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Quoi de neuf ? - Ne dites plus “salles de shoot”


Centres d’injection supervisés

Ne dites plus “salles de shoot”

Le récurrent sujet des salles de consommation de drogues injectables à moindres risques revient sur le devant de la scène politique. A Clermont-Ferrand, Nicolas Perrin, chargé de projet au Caarud, géré par Aides 63, et le docteur Georges Brousse, psychiatre spécialisé en addictologie et responsable de l’unité Satis, s’expriment.

Pour Nicolas Perrin, chargé de projet au Caarud1, « c’est la première fois, en France, que l’on est si près du but ». Habitué aux combats de longue haleine – « Il nous a fallu dix ans pour obtenir deux distributeurs de seringues à Clermont, dernière grande ville à en adopter » –, celui-ci reste prudent. En effet, il faudra attendre que « ça légifère, qu’on puisse créer des villes-test, évaluer les besoins locaux… » Pourtant, Nicolas souligne les nettes diminutions des overdoses et des contaminations, entre autres au VIH, dans les pays expérimentant cet outil. Car ces lieux, appelés communément “salles de shoot”, expression rejetée par le corps médical, n’ont rien de festif. On parle officiellement de centres d’injection supervisés (CIS). Tout prosélytisme y est proscrit ; le consommateur est pris en charge, questionné et conseillé sur le produit injecté par un personnel médical. Dirigé ensuite vers un box individuel, « afin d’éviter échanges et deals », il y trouve un matériel d’injection stérile et à usage unique.

A Clermont, l’objectif premier pour les sept salariés et la vingtaine de bénévoles que compte l’association Aides 63 est la réduction des risques liés aux injections : elle reçoit 130 usagers et distribue chaque année 130 000 seringues à usage unique, que les personnes utilisent ensuite chez elles. Nicolas pense particulièrement au consommateur SDF à qui cela évite « de se shooter vite fait, mal fait, dans un buisson. S’il est en manque, il se piquera : alors, autant lui donner une seringue propre. » Les CIS pourraient permettre à certains « d’accéder aux soins, de suivre un traitement de substitution2 et, pourquoi pas, de décrocher. Il faut de la réduction des risques ! » Nicolas le martèle mais voit « les députés si loin de la réalité, loin des consommateurs… ».

Georges Brousse
Georges Brousse, responsable de l’unité Satis (Soins, accompagnement, traitements, information, substitution3) au CHU de Clermont-Ferrand, souligne l’importance de la démarche de réduction des risques menée depuis les années 1990. Ses années de travail dans les domaines de l’urgence lui ont montré le lien important entre addiction et précarité : « L’addiction est une vraie pathologie avec des symptômes identifiables. Les plus malades, qui “injectent”, et pour lesquels la substitution ne marche pas, courent, en plus, des risques d’infection et des risques sociaux. » Il constate que si « la société accepte qu’on ne puisse pas guérir tous les cancers, elle a plus de mal à admettre qu’il en soit de même pour les addictions ». C’est en cela que les CIS ont une réelle utilité, « aider la personne quel que soit son niveau d’aliénation, l’accompagner dans la maladie en lui apportant l’asepsie, le conseil, le matériel, et limiter les pathologies annexes est le minimum qu’on puisse faire pour les plus atteints ». Clermont aura-t-elle son CIS ? Rien de moins sûr : « Il y a peu d’injecteurs de rue à Clermont. Nous n’avons pas de “population cible”, ni de lieu public dédié à la pratique de l’injection. » Le nombre de consommateurs d’héroïne que compte l’agglomération clermontoise est estimé à 1200. Avec une “file active” (l’ensemble des personnes reçues dans le service) de cinq à sept cents patients, l’équipe du Dr Brousse en suit environ la moitié en consultation et traitement de substitution. Le bus de l’unité Satis mobile et du Caarud permet d’atteindre les plus marginalisés et de leur ouvrir la voie d’entrée vers les soins.

Le sujet des CIS passionne parce qu’il soulève beaucoup de questions éthiques. La société a toujours régulé l’accès aux substances, les normes évoluent selon les époques et les produits et c’est encore plus compliqué lorsqu’il s’agit de substances illégales. Cependant, ces lieux ont une réelle utilité, « vous ne trouverez pas un seul médecin de terrain contre ce projet » affirme le Dr Brousse. Et il est certain d’une chose : « La vraie pertinence du débat sur les CIS est qu’il doit être un débat médicalisé ! »

D.G. et V.P.

1. Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction de risques pour usagers de drogues Caarud-Aides, 9 rue de la Boucherie, 63 000 Clermont-Ferrand, 04 73 99 01 01, www.aides.org
2. Le principe est le remplacement de l’héroïne par un produit de substitution tel que la méthadone ou le Subutex.
3. SATIS, 58 rue de Montalembert, CHU Gabriel Montpied, Psychiatrie adulte B, 63003 Clermont-Ferrand, 04 73 75 21 25

Date de création : 15/02/2013 @ 09:55
Dernière modification : 15/02/2013 @ 09:55
Catégorie : Quoi de neuf ?
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