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La nuit... - Des pouvoirs publics (eux aussi) à la rue…


Hébergement des sans-logis

Des pouvoirs publics (eux aussi) à la rue…

Chaque nuit, plusieurs dizaines de personnes dorment dans les rues de Clermont-Ferrand, parce qu’aucune solution d’hébergement n’a pu être trouvée. Un chiffre en hausse qui témoigne de l’incapacité des infrastructures dédiées à remplir pleinement leur rôle.

Gilles Loubier
µIls sont “isolés”,  “SDF”, “grands précaires”, ceux dont on se souvient lorsque l’hiver approche. S’y ajoutent ces demandeurs d’asile considérés comme gênants, dont le nombre est en croissance « exponentielle », selon Gilles Loubier, directeur de l’ANEF1 à Clermont-Ferrand. Chaque mois, ce sont cent nouveaux arrivants qui submergent les capacités d’accueil du dispositif départemental, limité à 80 places d’urgence. Un dispositif dont la gestion, confiée par les pouvoirs publics à l’ANEF, dépend cruellement du substitut hôtelier, à raison de 300 personnes par nuit ; la coquette facture de ce dernier – 2 millions d’euros annuels pour le Puy-de-Dôme – est réglée intégralement par l’État. Un pis-aller, véritable pansement sur jambe de bois.

Jean Dupouy, militant de la Ligue des droits de l’homme (LDH) de Clermont2, souligne le paradoxe d’un système légal qui a imposé le droit d’hébergement pour les demandeurs d’asile mais qui doit composer avec des moyens très éloignés des besoins. « On manque de place et ceux qui devraient avoir un abri pour la nuit n’en trouvent pas. » La directive européenne de 2003 qui réglemente les conditions d’accueil n’est, dans la pratique, qu’une idée élégante dont l’application paraît aujourd’hui impossible.

L’ANEF submergée

Créé en 2000 pour venir en aide aux SDF, le numéro d’urgence 115 reçoit désormais les appels à l’aide des demandeurs d’asile. « Le public pour lequel ce numéro a été mis en place n’est pratiquement plus concerné. Souvent, par lassitude, ces personnes n’appellent pas car elles savent qu’il n’y a plus de places » constate Gilles Loubier. Une redéfinition des priorités qui répond à la composition changeante de ces populations. Aujourd’hui ce sont des familles entières et non plus des individus, des demandeurs et non plus seulement des SDF. Tchétchènes, Arméniens, Congolais, Guinéens, Kosovars et autres ressortissants des pays d’ex-Yougoslavie, avec femmes et, souvent, enfants… Sans compter les Européens (Portugais, Espagnols…) poussés hors de leur pays par la crise économique.

Ce qui autrefois relevait de la compétence des centres d’accueil pour demandeurs d’asile du département, tous débordés, échoit maintenant à l’ANEF, sans pour autant que cela permette de combler le manque de places. « Le 115 opère selon des priorités, explique Gilles Loubier : d’abord les familles avec enfants mineurs. Les isolés et les couples sans enfant ont, du coup, du mal à trouver des hébergements. »

Cynisme des pouvoirs publics

Droit d’asile : mode d’emploi

L’asile est une protection qu’accorde un État à un étranger qui est ou qui risque d’être persécuté dans son pays que ce soit par les autorités de son pays, ou par des agents non étatiques.

Est donc considérée comme réfugiée toute personne ayant obtenu l’asile dans le pays où elle a effectué sa demande. Dans l’attente du traitement de son dossier par la préfecture et l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et des apatrides), le demandeur reçoit une Allocation temporaire d’attente (ATA) qui doit, en principe, lui permettre de subvenir à ses besoins. N’ayant pas accès au marché de l’emploi, il s’agit là de sa seule ressource. Selon la directive européenne du 27 janvier 2003, les pouvoirs publics doivent en effet assurer les conditions matérielles d’accueil des demandeurs d’asile et leur garantir un niveau de vie décent. L’existence des Centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) doit en principe pourvoir aux besoins en hébergement. Dans les faits, seul un tiers des demandeurs en bénéficie. Le problème est renforcé par la présence de déboutés (dont la demande a été refusée).

Le 20 décembre 2012, le conseil municipal de Clermont a émis un vœu, proposé par le groupe EELV et adressé au préfet de région, pour que « les demandes d’asile puissent être redéposées dans les quatre préfectures de notre région, comme auparavant, afin de résoudre en partie les graves problèmes d’hébergement actuels. »
Du côté de la Préfecture, les procédures de régularisation semblent être au point mort depuis août. « Pas un seul dossier n’a été ouvert depuis. Et ce blocage contribue à remplir davantage les hôtels », déplore Jean Dupouy. Avec des effectifs trop restreints, impossible de tenir le rythme exigé par l’afflux de nouvelles demandes. Et pour l’heure, rien ne semble indiquer que des moyens supplémentaires seront mis en œuvre pour pallier le problème.

Les associations d’aide dénoncent surtout la méthode des pouvoirs publics qui consiste à favoriser à grands frais la solution hôtelière, par nature instable. « Pourquoi ? Parce que c’est un moyen de précariser les demandeurs. Toute solution stable constitue un frein à leur départ d’ici », explique Gilles Loubier. Même son de cloche du côté de la LDH : « Ils (les pouvoirs publics) cherchent sciemment des solutions d’hébergement de plus en plus éloignées. Les mouvements sont trop nombreux, on oblige les gens à bouger au bout de quelques jours. Mais rien ne justifie ça si ce n’est le besoin de mettre la pression sur ces familles déracinées, qui ont déjà du mal à tisser du lien. Et c’est sans compter sur les difficultés liées à la langue. »

À ces avanies s’ajoute une incapacité des demandeurs à subvenir aux besoins de base qui leur permettraient de remplir leurs obligations administratives : tickets de bus pour se déplacer, timbres, photocopies… Là encore, ils ne peuvent guère compter sur le secours des pouvoirs publics. « Même les aides à la restauration auxquelles ils ont en principe droit ne sont plus accessibles. Et le guide pour les demandeurs d’asile, traduit en de nombreuses langues, a disparu en 2009, alors qu’un budget lui est, en principe, consacré », s’insurge Jean Dupouy. Faire au mieux avec moins, c’est là la gageure du moment.

S.J.

En chiffres
20 000 000Le montant annuel en euros de la facture hôtelière pour l’hébergement d’urgence dans le Puy-de-Dôme. Elle est intégralement réglée par l’État.
300Le nombre de demandeurs logés chaque nuit à l’hôtel.
100Le chiffre moyen des nouveaux arrivants dans le département. Par mois.
80La limite des places disponibles du dispositif d’accueil d’urgence départemental. Une limite atteinte chaque jour.
30Le nombre de ceux qui chaque nuit, faute de place, doivent trouver le sommeil ailleurs. Dehors, bien souvent...
11Le montant quotidien en euros de l’Allocation temporaire d’attente accordée aux demandeurs d’asile, puisqu’ils n’ont pas le droit de travailler. Une aide jugée insuffisante par le Conseil d’État.


1. ANEF, association nationale d’entraide, 15 rue Fontgiève, 63 000 Clermont-Fd, 04 73 31 98 88, http://anef.puydedome.free.fr
2. Ligue des droits de l’homme, 21 rue Jean-Richepin, 63000 Clermont-Fd, 04 73 92 87 00

Date de création : 14/02/2013 @ 17:01
Dernière modification : 15/02/2013 @ 09:37
Catégorie : La nuit...
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