Présentation
Contact
Association Exclusif
ou
Journal Exclusif :
3, rue de la Treille,
63000 Clermont-Ferrand

Courriel du journal
Courriel de l'association
Version mobile
Exclusif sur Facebook

GuppYTop


qrexclu.png
Lettre d'information
Pour avoir des nouvelles de ce site, inscrivez-vous à notre Newsletter.
S'abonner
Se désabonner
122 Abonnés
Webmaster - Infos
Exclusif n°46-47
Atelier d’écriture
Archives
Exclu web
On parle de nous

Interview dans Carnets de campagne, France Inter, avril 2015 :

Cimade 63

Combrailles durables

Presse-papier du CRI

Gratuité et bénévolat

Une interview du journal Exclusif sur Radio Arverne :

Reportage France 3 Auvergne

La fin [PDF – 1.3 Mo]

Droit de réponse [PDF – 960 Ko]

Courrier de la LDH [PDF – 910 Ko]

Recherche



Visites

 429767 visiteurs

 4 visiteurs en ligne

La nuit... - Impressions Nuit


Couche-tard

Impressions Nuit

Trois acteurs de la nuit clermontoise donnent leurs impressions sur les soirées des années 1980 et celles d’aujourd’hui : Boudu, officiant du Phidias, Sissi1, prostituée, et Thomas, jeune responsable d’un nouveau bar de nuit.

Boudu :

Boudu
« Le Phidias a été une très belle aventure. C’était une grande famille. La clientèle, au départ un peu bourge, s’est démocratisée ; on a réussi à mélanger les Jacques aux Pierre-Henri, parce que la nuit gomme les différences. Les gens que j’ai rencontrés à cette époque ont été fidèles et m’ont suivi jusqu’au bout. De fortes amitiés sont nées, j’ai pris du plaisir à faire la fête avec mes clients. Si tu sais accueillir, si tu es respectueux et généreux, si tu aimes les gens, les gens te le rendent. Le Phidias a marché et a créé quelque chose à part, car il y avait une âme. J’aimais que les gens s’amusent ; malgré cela, l’alcool me causait des soucis. J’ai toujours veillé sur mes clients. Quelquefois, on prenait les clés des voitures ; il m’est aussi arrivé de ramener les gens chez eux ; c’était des potes, je connaissais les familles, je m’en serais voulu s’il leur était arrivé quelque chose. Je suis heureux de n’avoir eu à déplorer aucun accident dû à une consommation excessive en 21 années de Phidias. »

Sissi :

« Je travaillais 3 à 4 heures. Après, la nuit, c’était ma vie, un moment de détente et de plaisir. Tous les gens de la nuit se connaissaient. On mangeait à la gare et on filait au Phidias, au 3000, au Monos, au Club M, au Globe… J’étais seule, mais il y avait toujours quelqu’un pour m’emmener, ou bien j’allais à pied si c’était en centre-ville. Sans penser aux risques, il n’y en avait pas. On se retrouvait dans une ambiance accueillante, chaleureuse, pour discuter, boire un verre – plusieurs – et se changer les idées avec des gens de tous les milieux socioprofessionnels. On était libre. Je n’ai jamais eu de problème, la nuit. »

Nuit d’ivresses et d’âmes grises ?

Boudu :

« La nuit ça a été une belle histoire… Ces belles années ont eu lieu, mais ce sont ces années-là qui ont fait que c’était possible. Aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé : le rapport à l’alcool a évolué ; maintenant, les jeunes savent désigner à tour de rôle “celui qui ne boit pas”. Même s’ils aiment toujours faire la fête, ils sont plus individualistes, zappent d’un endroit à l’autre et d’une amitié à une autre. Il y a un gros manque de respect, les relations sont moins profondes, et si c’était à refaire je ne recommencerais pas, je ne me sentirais pas à la hauteur de cette époque. »

Sissi :

« Je sors, mais moins ; je ne fréquente plus les boîtes de nuit. Depuis les années 2000, tout est devenu théâtre. Et intéressé : « Paye-moi un verre ! » Les jeunes sont déjà “pleins” avant d’aller en boîte ; ils rentrent amis et ressortent en se battant. J’arrivais pour me détendre et je me faisais rentrer dedans. La nuit d’aujourd’hui permet tout. Où est le respect ? Où est la profondeur de cœur ? Vous comprenez ce que je veux dire… La nuit, je ne sais pas ce que ça va devenir. »

Plus de “Bonjour”…

Thomas :

« J’ai 25 ans. J’ai commencé à travailler en discothèque à 18 ans. Ça m’a plu d’entrée. L’intérêt, c’est la relation aux autres : en service de jour, il faut aller vite car les gens sont pressés ; la nuit, ils sont là pour passer un bon moment, on fait connaissance. Je veille à être agréable au client en soignant les cocktails, en gardant le sourire. Ma réussite, c’est d’avoir fait un “bar des amis”, où les gens se rencontrent, reviennent et favorisent une grosse ambiance de salle.

Ce sont des jeunes actifs : 20 à 30 ans, autant d’hommes que de femmes, qui viennent en groupe ou en couple, rarement seuls, et dépensent 10 à 15 euros chacun. C’est une clientèle des vendredi et samedi soirs – le reste de la semaine, ils sont tenus par le boulot. Ils arrivent bien après 20 heures et sortent souvent en discothèque après 2 heures du matin.

Côté comportements, les célibataires se mettent un peu en scène pour faire des rencontres, mais c’est tout. C’est vrai que la biture expresse n’est pas rare et je plains les personnels des boîtes de nuit qui récupèrent ceux-là. Mais surtout, en sept ans, j’ai vu exploser les incivilités : plus de “Bonjour”, plus de “S’il vous plaît”, mais des “Donne-moi” ceci ou cela. Pour éviter de perdre la clientèle dans un contexte concurrentiel, les patrons d’établissements se taisent.

Oui, je les connais. On peut se voir après le service, le dimanche par exemple, où c’est plus cool ; le lundi, je fais du sport avec des personnels de la B.Box. On a les mêmes horaires, on a des facilités à se rencontrer ».

Propos recueillis par H.L., V.P., G.M., Mo.B.

1. N’a pas souhaité figurer sous sa véritable identité.

Date de création : 14/02/2013 @ 15:47
Dernière modification : 15/02/2013 @ 09:38
Catégorie : La nuit...
Page lue 1134 fois

Imprimer l'article Imprimer l'article

Réactions à cet article


Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !

^ Haut ^