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Animaux, nos amis ? - Dans la peau d’un animal,
textes d’atelier d’écriture



Encore des histoires d'animaux : les textes de l'atelier d'écriture qui a précédé la rédaction du dossier, et une intervention (pdf à télécharger ici) de Jean-Pierre Digart, anthropologue, directeur de recherche émérite au CNRS, sur Les nouveaux rapports entre l'homme et l'animal, extraite des publications de la Mission d'animation des Agrobiosciences sur Le bien être animal et le les relations entre l'homme et l'animal, qu'on peut retrouver sur son site : http://www.agrobiosciences.org

Dans la peau d’un animal, textes d’atelier d’écriture, le 18 avril 2011

J’errais déjà depuis de longues heures lorsque j’entrepris de me dégotter un petit nid douillet…

C’est à la tombée de la nuit que ma persévérance fut récompensée. Une lumière pure et blanche m’attira irrésistiblement. Toutes les cellules de mon corps me criaient de foncer vers elle. Je pris donc tous les risques pour pénétrer dans ce sanctuaire de lumière ; j’échappai ainsi à une mort prématurée lorsqu’un être humain de petite taille décida de fermer violemment la fameuse fenêtre qui me permettait si souvent d’arriver à mes fins.

Je me suis vite rendu compte que ce lieu, cette lumière seraient les dernières choses que je verrais lorsque j’entendis le bruit des volets qui s’entrechoquaient.
Le petit homme avait remarqué ma présence et tenta immédiatement de me chasser.
Mais ces gestes étaient si lents que je profitai de ce sursis pour me baigner une dernière fois dans la Lumière, dont la chaleur m’apaisait…

Mon heure fut venue lorsque j’entendis le spray insecticide, ainsi que le souffle du journal avec lequel le petit homme assouvit ses instincts de destruction.

« Les derniers instants d’une mouche insouciante »

Mehdi Debouz


Binout et son maître

C'est parti ! Mon maître prend la laisse, je vais l'accompagner. Une fois dans la rue, je me mets à aboyer pour montrer aux chiens voisins que je vais me promener, mais mon maître m'engueule et me demande de me taire. Quelques centaines de pas au galop et je m'arrête pour faire mes besoins, puis c'est reparti. Arrivé prés d'un feu rouge mon maître stoppe, un gros camion passe devant nous, j'aboie de nouveau, mon maître gueule : « Tu ne vois pas qu'il est plus gros que toi imbécile », puis on continue. Quelques kilomètres plus loin, mon maître me prend dans ses bras. Ah je sais ! Et plouf ! il me plonge dans la fontaine, je ressors aussitôt. Mais, comme c'est bon, finalement, par cette chaleur, je me secoue et hop ! c'est reparti. Le chemin je le connais, je le fais régulièrement. Tiens, un matou traverse devant nous, j'aboie. Ah ! si je n'étais pas en laisse. Et maintenant, un chien qui rouspète, t’as de la chance toi aussi, bâtard ! Nous passons sous un tunnel, ça y est, je les aperçois, les copains de sport de mon maître, j'aboie pour les saluer. « Allons doucement, Binout » : une caresse par ci, une caresse par là, puis on monte sur le stade. Là, mon maître m'attache à l'ombre sur l'herbe puis il va tourner sur la piste. J'en profite pour me rouler et j'aboie toujours quand quelqu’un passe prés de moi. Au bout d'un moment, mon maître revient me chercher, nous montons dans l'auto qui nous ramène. Une fois descendus de l'auto, on marche de nouveau, mon maître m'attache prés du stadium. « Je reviens, je vais me doucher, sois sage » me dit-il. Puis, encore un peu plus d'un kilomètre plus loin, on arrive sous l'église où je me rends tous les jours. Là, mon maître m'attache prés de l'établi, m'apporte de l'eau puis étend par terre une grande serviette où je m'assois car je sais que je vais déguster une friandise. Mon maître me la donne en me caressant la tête et me dit : « Garde la maison du Bon Dieu avec le Saint Esprit, je reviens ». Il éteint la lumière et ferme la porte. Je m'allonge sur la serviette de toilette. Un peu plus tard, j’entends du bruit, mon maître est de retour, on monte les escaliers et on entre dans l’église pour saluer la Sainte Vierge. Mon maître éteint la lumière et nous repartons pour la maison où je retrouve mon coin pour dormir jusqu’à demain.

Jean-François Murol


Drôle de guerre

Mon cœur bat comme jamais. Une seule solution : fuir au plus vite. Je cours, je sprinte. Ce matin la terre a terriblement tremblé. À tel point que mon terrier s'est littéralement effondré, étouffant ainsi mes petits à peine sevrés avec probablement leur mère. Des détonations effrayantes suivies de sifflements métalliques interrompent le temps à chaque seconde. Des éclairs jaillissent de partout. J'essaie de fuir ce chaos. Je cours partout, loin et vite, la vélocité propre à mon espèce me le permet. Mais le chaos perpétuel s'est décidément installé partout où je vais. Mais, je cours. Je cours vite et le plus loin que je n'aie jamais été. Je cours mais en évitant soigneusement les attroupements des « cochons-debout », tous vêtus, aujourd'hui, de la couleur de l'herbe. Car pas de doute : ils sont la source de ce chaos. Plus exactement les « cochons-debout » debout ; ceux allongés et couverts de sang sont paisibles. Malgré leur immobilisme, cette multitude de corps couchés m'oblige à bondir sans arrêt et me fatigue. Je décide donc de traverser le petit bois aux cerfs. Peut-être que de l'autre côté le chaos n'y pénètre pas. Dans ce bois, le son des détonations est assourdi mais n'en reste pas moins terrifiant. Je cours. Connaissant exactement chaque recoin de ce bois, je le traverse à la vitesse de la lumière. Je cours ; J'y suis presque, un dernier talus… Je bondis écartant les dernières feuilles des derniers arbres. Le soleil m'éblouit et tout à l'air calme de ce côté à l'exception d'une petite détonation suivie d'un furtif sifflement métallique. Ma cage thoracique vient d'être défoncé par un projectile. Le soleil s'éteint, je tombe. J'étouffe. J'agonise. Mon coeur s'arrête de battre et, de la bouche des « cochons-debout », j'entends ces derniers bruits: « c'est rien, ce n'était qu'un lapin ! Drôle de guerre ! ».

Didier Gouvignon


Ah si les chats pouvaient parler !

Trois mois ça fait combien de jours dans la vie d'un chat ?
C'est quoi un chat ? C'est moi Titi ! À force d'entendre autour de moi ce mot, j'en ai déduit que c'était de moi dont il s'agissait. Les autres c'est les humains. Dans cette maison, ils se ressemblent tous. Nous, on est quatre avec ma mère. Mon père court le quartier. Je l'ai jamais vu, mais il paraît que je lui ressemble et j'en suis fier car c'est le seul de race abyssin.

Bref ! Aujourd'hui il se passe un événement inhabituel. Maman n'est pas là, mes frères et moi jouons dans le hall de l'entrée sur des coussins en satin.

Que ce soit clair entre nous : les chats ne parlent pas ? Ça reste à voir avec tous les tons de miaulement que j'emploie. J'estime que je m'exprime assez bien, ce n'est pas de ma faute si les humains ne font pas d'effort pour me comprendre. Je parle moins qu'un siamois mais plus qu'un européen, voilà une mise au point nécessaire pour la suite de mon monologue.

Un bruit sourd, un plus aigu, je sursaute. Un son strident venu de la porte, la seule qui donne sur l'extérieur, je guette à l'affût. Mes frères ont détalé, quels trouillards ! Curieux, sans bouger, là devant moi, le plus petit d'homme. Je tends le cou aussi loin que je le peux, il s'approche et je découvre surpris que c'est une petite fille. J'en suis sûr, j'en ai déjà vu une dans le coin (les informations circulent entre génération, les anciens nous racontent). La curiosité est plus forte que ma peur, je descends de mon coussin, à peine sur le sol sa main me saisit à la vitesse de l'éclair. Ou là là ! il ne faut pas que je regarde en bas, nom d'un chat ! Ça fait combien de tours pour retomber sur mes pattes en cas de chute ? Mon cœur s'accélère, je tremble, ma truffe est sèche. J'ai peur, mais comme c'est excitant. Des caresses, des bisous, la chaleur et l'odeur sucrée de la petite fille m'apaisent et me voilà ronronnant de plaisir, blotti, au creux de ses bras. Je soupire d'aise. La porte se referme, un dernier miaou plaintif : "au revoir maman, je vais vivre ailleurs, à moi l'aventure"…

Dix ans plus tard, pas de regret. J'ai grandi toujours très svelte. Ma vie : le train-train quotidien comme mon ronron routinier. Le silence a fait place à l'agitation. Trois humains sont partis les uns après les autres et j'ai déménagé. C'est plus petit mais je m'y sens bien. Sur mon territoire, rien à chasser, mais il ya toujours les carrés lumineux sur les murs que les humains appellent fenêtres. J'y passe des heures à observer un pigeon, une mouche, un flocon de neige l'hiver, un rayon de soleil qui fait danser la poussière au dessus de moi.

Tout est calme, ma colocataire est toute seule maintenant. Heureusement je suis là, je lui tiens compagnie. Je la rassure, paraît que ça fait baisser sa tension. Je dors avec Elle. Nous avons de la place dans son grand lit. Elle ! oui c'est une femme, je le sais. Arrêtez de nous prendre pour des bêtes ignorantes ; j'ai côtoyé des humains plus animaux et plus stupides que moi. J'essaie de lui faire comprendre que les croquettes sont immangeables, en restant assis â côté de mon assiette, je me demande si Elle me comprend ? Depuis le temps, Elle pourrait faire un effort. Miaou! c'est pas dur à dire. Enfin, la pauvre, Elle vieillit. De temps en temps j'ai droit à un sachet fraîcheur, un vrai délice. Remarque, j'ai pas à me plaindre, quand je pense à mon cousin Bounty qui vit dans une ferme du Cantal, j'en ai les larmes aux yeux, lui il est obligé de chasser les souris pour vivre, le pauvre.

Malgré tout rien ne vient perturber les jours heureux que je partage avec Elle. Personne pour troubler ma routine sécurisante. Sauf, quelle horreur ! un homme par exemple. Rien que d'y penser, j'ai les moustaches qui frissonnent et le poil qui se hérisse. En attendant l'ennemi, j'en profite d'être son amour unique...

Monique Bayol


Date de création : 27/08/2011 @ 15:40
Dernière modification : 29/08/2011 @ 10:51
Catégorie : Animaux, nos amis ?
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