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Rythmes de vies - Thérèse, une valse à trois temps


Enfants, usine, syndicat…

Thérèse, une valse à trois temps

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Au début des années soixante, « il n’y avait pas les aides de la CAF comme aujourd’hui » : jeune veuve avec deux enfants, Thérèse a dû prendre le chemin de l’usine.

A l’usine SALPA de Langeac, Thérèse Borie choisit le poste du matin, de 5 à 13 heures. « Ça m’arrangeait, je me levais vers les 3 h 30 pour préparer le petit-déjeuner dans des thermos, et je pouvais aller chercher les enfants à la sortie de l’école. » Elle découvre les ateliers, le travail ouvrier, la camaraderie. Formée par l’Action catholique ouvrière, elle adhère à la CFDT et devient déléguée du personnel.

En 1970, les enfants ont grandi : à la pension, Thérèse préfère un déménagement à Clermont et la proximité des lycées et de l’université. Michelin embauche : elle évite d’évoquer ses responsabilités antérieures de déléguée et se retrouve dans un atelier d’affûtage aux Carmes. C’est un choc. « Je ne m’attendais pas à la vétusté des locaux et des machines, bien loin de l’image de la grande entreprise performante ». Thérèse reprend l’horaire du matin. « C’était épuisant, il fallait tout mener de front. : après le travail, faire les courses, s’occuper de la maison, des tâches administratives, etc. ; c’était important d’être là pour les enfants, les devoirs, s’occuper d’eux. À l’époque, une femme devait se battre pour tout et tout le temps. »

Nerfs d’acier…

À l’usine, déléguée “hygiène et sécurité”, intervenant au service CAF et dans la gestion des colonies de vacances du Comité d’entreprise, administratrice à l’Assedic, elle mène le combat syndical. Rythme des réunions, des visites d’ateliers, des confrontations avec les petits chefs, de la solidarité collective, de la prise de parole au réfectoire, de la grève. « C’était drôlement instructif et ça nous permettait de changer d’horizon, de ne pas rester derrière les machines. ». Cette volonté de se réapproprier collectivement le temps du travail, celui du loisir, le sens de la vie, trouvait sur sa route la répression patronale, les salaires bloqués, les rapports de force quotidiens. Coupable de faire valoir ses droits à un poste assis, avec l’appui du médecin du travail, Thérèse passera un an assise sans travail, à côté d’un collègue tourneur : « Il fallait des nerfs d’acier pour ne pas craquer… »

Retraitée depuis 1991, elle milite toujours à la CLCV et à SUD. Si un de ces jours il prenait aux petits-enfants de la classe ouvrière l’envie de s’émanciper de leurs modernes chaînes néolibérales, ils trouveraient auprès de Thérèse une mémoire à la fois grave et gaie, subversive.

Ch.M. et G.V.


Date de création : 21/11/2009 @ 17:32
Dernière modification : 22/02/2010 @ 18:53
Catégorie : Rythmes de vies
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