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Livres - Cendrars : poésie et voyage…


Du monde entier

Cendrars : poésie et voyage…

Blaise Cendrars (1887-1961) est d’un siècle de découvertes. Il est du siècle de la vitesse. Il découvre le voyage ou, plutôt, redécouvre ce qu’est le départ, le voyage et ce qu’il en reste après le retour. Sa poésie est surtout un souvenir sublime de la grande aventure d’un gamin de 16 ans, parti, sincère et naïf, sans préjugés ni idées préconçues. Sa poésie est d’abord dans ce cri : « Je m’en souviens, je m’en souviens, j’y ai souvent pensé depuis. »

Quand il écrit la “Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France”, en 1913, Cendrars va à la recherche du temps passé, réussit à le retrouver et à le rendre actuel. Ce « mauvais poète qui ne savait pas aller jusqu’au bout  » a pourtant atteint les limites de l’aventure. C’est un gamin de 16 ans, il ne faut pas l’oublier, qui est le héros de cette extraordinaire odyssée, et il réagit tel l’enfant qu’il est. Ce qu’il note, ce dont il se souvient, ce ne sont pas tellement des paysages, des monuments ou la place rouge de Moscou, mais des détails insignifiants et sans intérêt, des images entrevues au travers de la vitre d’un compartiment du Transsibérien par exemple, comme « l’homme aux lunettes bleues qui se promenait nerveusement dans le couloir et qui me regardait en passant… »

Sa sensibilité d’enfant est aussi frappée par des images horribles, qui le hantent : « Et à Khilok nous avons croisé un long convoi de soldats fous… » Ainsi ce sont des impressions que Cendrars retient, des images entrevues qui n’ont pas de raison de demeurer si longtemps dans sa mémoire mais qui sont pour lui « autant d’images-associations ». Mais le voyage est aussi un jeu. Une gigantesque partie de cache-cache ou de gendarmes et voleurs dont le jeune Blaise est, bien entendu, le héros triomphant.

« J’étais très heureux insouciant
Je croyais jouer aux brigands
Nous avions volé le trésor de Golconde
Et nous allions, grâce au transsibérien, le cacher de l’autre côté du monde… »

Ce voyage c’est encore la découverte de l’amour pour une petite prostituée de quatre sous, perdue et fanée loin de Montmartre, de « la Butte qui l’a nourrie ». À travers toute la nostalgie du témoignage poignant d’un voyage qui est (peut-être en partie) inventé, il reste une aspiration à une enfance que Cendrars aurait voulu normale, heureuse et sans histoires.

Le voyage a tué la jeunesse, l’enfance du poète. C’est en quelque sorte un constat de décès, le  meurtre d’un enfant  que déplore Cendrars.
« Je voudrais n’avoir jamais fait mes voyages. »

Yves Armandet

La Prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France est à lire dans le recueil intitulé Du monde entier, Poésies complètes 1912-1924, Gallimard.

Date de création : 24/09/2010 @ 15:09
Dernière modification : 24/09/2010 @ 15:09
Catégorie : Livres
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